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Novembre 1914

Lundi 2 novembre - Universelle souffrance

Les hommes se livrent dans ces moments calmes où nous sommes à leurs côtés sans leur prodiguer de soins. Ils ont la pudeur ou la fierté de ne pas parler de leurs propres tourments et les expriment en évoquant le sort d’autres blessés, des proches camarades ou des frères d’armes inconnus. L’un d’eux s’est souvenu de son capitaine paisiblement occupé à se réchauffer près d’un poêle, jusqu’à ce qu’un obus tomba sur la maison. Il l’évacua en traversant un pré sous une grêle de balles, une d’entre elles lui faucha la jambe gauche et c’est ainsi qu’ils se retrouvèrent côte-à-côte dans l’ambulance d’évacuation. Le temps fut très long à attendre l’embarquement dans les fourgons en gare de Saint-Dié, son capitaine avait les lèvres bleus et le teint de plus en plus cireux. Quand ils arrivèrent enfin à l’hôpital militaire Réthenans de Belfort, son sort était scellé, la gangrène avait asphyxié ses derniers souffles de vie. Il fut ensuite le spectateur malgré lui de scènes aussi éprouvantes que les combats qu’il endura. Ce chasseur cycliste traversé de part en part par une balle dans l’abdomen, les dames de la Croix-Rouge le soulagèrent avec des pansements antiseptiques et quelques mots de réconfort, mais il se lisait dans leurs regards que cet homme était condamné. Ici, un docteur devant sa salle d’opération, il désarticulait à la hâte une épaule, le quatrième bras enlevé depuis le matin. Là, des Allemands qu’on menait dans la grande salle, les jambes et les bras mutilés par des éclats d’obus, et encore un autre, trépané et l’œil hagard dont les heures étaient comptés. Images de désolation dans un silence impressionnant, soldats français et allemands unis dans la même souffrance.
Dieu reconnaîtra les siens.

Sœur Anne

Jeudi 5 novembre - L’interminable fête des morts

J’en ai vu passé au cantonnement l’autre nuit, de l’artillerie de tous calibres, des Dragons casqués et montés, un bataillon de cyclistes avec ses bicyclettes à perte de vue, quatre régiments de biffins à leur traîne, puis les Coloniaux du 36e. Je m’étais à peine remis d’une dysenterie pendant une bonne semaine, qu’il a bien fallu que le 223e leur emboîte le pas. Tout ce beau monde sur le pont le lendemain à 3h30 et en avant, direction Arrancourt pour la petite musique qu’on connaît trop bien ! Une belle pagaille en vérité, un cheval est tombé raide mort en travers de la route et la troupe s’est mise à piétiner, une compagnie de canons de 75 s’est trompée de direction et s’est retrouvée un temps sous les obus de nos propres artiflots ! On a quand même fini par avancer, histoire de voir ce qu’il y avait devant nous, faire quelques prisonniers et revenir dare-dare dans nos lignes. J’avais hâte de manger la soupe, on a attaqué le matin avec notre boule de pain sans même avoir bu le jus. Le régiment a eu deux tués et onze blessés, le lieutenant de Maistre se remettra vite de sa blessure à l’abdomen, rien de trop méchant, si ce n’est qu’on s’est cassé le nez sur une vraie forteresse. Les boches viennent juste de nous rendre la monnaie de la pièce, c’est de bonne guerre, ma section était de service après les travailleurs des champs, on a eu vite fait de déguerpir et ils ont fait demi-tour aussi vite qu’ils étaient arrivés ! Entre notre offensive de la fin octobre et leur contre-attaque de ce matin, on a fêté les Défunts au lendemain de la Toussaint.  Pas besoin de dire qu’on avait tous la tête des mauvais jours, il n’y en a pas un parmi nous qui n’a pas perdu un copain. Une belle messe, le curé a bien parlé, nous sommes tous partis en procession au cimetière, sept cents tombes bien arrangées avec des croix souvent sculptés au couteau et quelques fleurs cueillis dans les sentiers. Ce matin là il pleuvait, le soir on a repris le travail aux tranchées.

 Célestin

Dimanche 8 novembre - Bouvet et les embusqués

Je me doutais bien qu’un de mes sapeurs n’y échapperait pas. Bouvet était entré chez nous en 1907, je m’en souviens, il y avait eu cette année-là une série sans fin de feux de cheminées, et surtout un accident mortel à la fabrique de bougies Louis et Cie de la rue des Tanneries, un ouvrier nettoyait le fond d’une cuve d’épuration du suif jusqu’à tomber inerte, mes gars n’ont pu que sauver son camarade qui l’avait secouru et s’était trouvé en fâcheuse posture. Bouvet est tombé à son tour, mieux vaut mourir pour la patrie que pour l’industrie ! C’est arrivé en Champagne, il servait dans le Génie et on n’en sait guère plus sur ce qui lui est arrivé. On est au moins sûr d’une seule chose, çà fera en ville un serrurier et un pompier de moins, mais une orpheline et une veuve de plus, il s’était marié avec la fille Noblet qui est couturière. Ils lui ont fait un bel éloge dans le journal, même si l’article m’a courroucé, s’il est bien vrai que sa belle voix faisait la joie des auditions de la chorale de la Lyre ouvrière bressane, pas un mot sur ses sept années de bons et loyaux services chez les pompiers de la ville. Alors, quand je pense à lui et que j’entends dire que le ministre de la guerre fait la chasse aux embusqués, mon sang ne fait qu’un tour ! Sus à ceux qui profitent de relations ou de complaisances dans le seul but d’échapper au service armé, ceux qui sont dans les dépôts alors qu’ils seraient utiles à l’instruction, qu’ils filent vite fait dans l’infanterie tous ces planqués bien-portants, les secrétaires d’état-major, les infirmiers, les commis et ouvriers d’administration ! Au dernier conseil de révision de la classe 1915 à la Préfecture, deux cent cinquante jeunes ont été examinés et il n’y a eu que neuf exemptés. Il nous faut du monde dans les tranchées, sauf à supporter l’occupation allemande au Nord et à l’Est, la bataille de la Marne les a fait reculer mais on ne les a pas encore renvoyés d’un grand coup de pied au derrière nach Berlin !

Anthelme

Mercredi 11 novembre - V’tia la San Martin qu’appreuche

Ce jour-là, on l’attend toute l’année, je dessine une grosse croix dans la tête qui me sert de calendrier, deux jours de fête, tous les Zets et les Zettes du pays envahissent le champ de foire et le marché couvert. On s’y amuse comme des petits fous, on espère bien y trouver la bonne amie, mais faut reconnaître que souvent on rentre tout seul et on se souvient de rien le lendemain. L’image de la grande roue finit par se troubler quand les pas sont de plus en lourds et que les cœurs légers s’enfoncent dans la nuit. Ben oui, comme dit mon père (jeunot il a du en faire des vertes et des pas mûres), « Saint-Martin boit le bon vin et laisse courir eau au moulin  ». J’ai enfin mes vingt ans et on n’aura pas de 11 novembre cette année, quelle calamité !

Pas de Saint-Martin, mais çà n’a pas empêché deux racoleuses de se faire coffrer l’autre soir devant la caserne Aubry. Une nuit au violon, un procès verbal et les voilà ressorties voleter autour d’une autre cage à soldats ! Y’en a quand même qui continuent à s’amuser.

D’autres l’ont mauvaise, les marchands forains ont demandé au Maire d’installer quelques manèges et baraques sur une des places de la ville, ils ont même dit qu’ils reverseraient un bout de recette aux œuvres de bienfaisance, les coquins ! Une qui ne doit plus avoir la tête à vendre du nougat et des barbes à papa, c’est la veuve Charvet de l’impasse des Graves. Son fils était un conscrit, il en avait bien assez de prêter ses bras pour toucher quatre sous, alors il s’est engagé pour aller faire le zouave au bataillon de Sathonay, puis il a disparu fin août en se battant pour les Belges. Je me souviens bien de ses deux tatouages au bras, « marche ou crève » et « je pense à ma mère » … Je ne devrai pas tarder à être appelé, j’y pense aussi !

Joannes

Dimanche 15 novembre - Tué d’un vilain coup de froid

Vinzou, c’est bien malheureux une affaire pareille ! J’ai déjà parlé de Paoli, il était envoyé à la gare pour mettre de l’ordre, çà ne rigolait pas avec le commissaire spécial, même les civils marchaient au pas et les drôles de types ne trainassaient pas dans les parages, ce n’est pas moi qui allais m’en plaindre, ces gens-là ont la fâcheuse manie de faire durer au comptoir et de s’attirer des histoires dès qu’ils ont bu le coup de trop. Paoli, il avait l’œil pour débusquer les malfaisants, il leur laissait pas d’autres choix que déguerpir sur le champ ou croupir au violon ! Y’a une petite dizaine de jours, il a accompagné jusqu’à Bellegarde quatre-vingts Allemands et Autrichiens pour les expédier en Suisse, des vieux, femmes et enfants qui vivaient dans le coin, on les avait coffré depuis début d’août à l’école Carriat. Paoli y a pris un coup de froid, alors c’est peut-être l’âge ou le surmenage, il a fait sa valise la nuit dernière sans crier gare. Encore une veuve et trois orphelins, comme si çà ne suffisait pas … J’ai su que ce matin dans un hôtel tout proche de l’avenue Baudin, une pauvre folle s’est jetée de la fenêtre de sa chambre, elle était arrivée hier de Lyon … si Paoli avait été là, çà ne serait pas passé comme çà ! Pour me chasser les idées noires, j’en ai lu une bien bonne sur un qui ne savait pas, un capitaine d’un voilier allemand a traversé mers et océans avec sa cargaison, il était parti de Hambourg il y a quelques temps, et n’a pas compris la raison de son arrestation dans le port de Sidney. Les poissons n’avaient pas dit au capiston et à ses moussaillons que l’Allemagne avait déclaré la guerre à la terre entière !

Antonin

Mercredi 18 novembre - Permission de semailles

Çà fait jaser dans les chaumières cette triste histoire de cœurs brisés. Près de chez nous dans le bois de la route de Jasseron, le Claude Bailly a trouvé deux corps raides comme des cierges de Pâques, la jolie gamine couchée sur le dos, jambes repliées et bras en croix, le jeune gars face contre terre avec un revolver à portée de main. Elle était de Polliat et faisait la bonne dans une maison de l’avenue de la gare, lui venait de Pont-de-Vaux pour embaucher comme plongeur à l’Hôtel Terminus. Encore un jaloux qui a perdu la boule, il a tué sa belle puis s’est tiré une balle dans la bouche. Ce n’est pas à moi qu’arriverait une pareille mésaventure, surtout en ce moment ! Çà fait plus de cent jours que Léon a pris la route et au lieu de me le rendre, tout le monde m’explique comment faire pour m’en passer !

Pour avoir une bonne récolte de blé, il y a de nouvelles variétés qui prolongent les semailles d’automne jusqu’à décembre janvier. Pour travailler les champs, des permissions agricoles de pas plus de quinze jours sont données, j’étais donc tout à ma joie de revoir Léon et de trouver un peu de répit, mais cette faveur n’est pas pour les hommes à la guerre, uniquement les cultivateurs des dépôts et de l’intérieur comme ils disent, bref, çà profite encore à ceux qu’ont déjà les bonnes places bien pépères à l’arrière ! Paraît qu’ils devront donner le coup de main quand ils en auront fini sur leurs terres, je ne vais pas me gêner pour demander, sinon j’irai attraper le commandant du dépôt de Bourg qui va m’entendre lui causer du pays !

J’ai eu la visite dimanche de ma cousine d’Ambronay, elle a un bon Maire, il tape à toutes les portes pour bien dire tout le mal qu’il pense des allocations en baisse pour les femmes des campagnes, soi-disant qu’elles auraient des propriétés, peut-être pour se promener sous une ombrelle, pardi ! Pour se casser le dos, récolter bien moins qu’avant avec une famille à nourrir et c’est sans compter les maris à qui faut envoyer de l’argent de temps à autre. Alors il voudrait que le gouvernement prenne l’argent là où il est, ceux qui le regardent pousser en se tournant les pouces à longueur de journée ! Si je le croise au marché, j’en glisserai deux mots à Georges Loiseau, y’a pas de raison que mon Maire soit un idiot.

Yolande

Samedi 21 novembre - Honneur et déshonneur ou les caprices du destin

Dernières nouvelles des Vosges, le 23e est resté deux semaines au cantonnement, les Lions du Bugey du 133e RI les ont relevés, du repos et de l’instruction n’ont pas du être de trop. Le Général de Division leur a rendu visite, le 1er bataillon a été rassemblé pour cette occasion à Saint-Michel en vue de procéder à la parade du déshonneur pour un soldat coupable de désertion devant l’ennemi, le conseil de guerre l’a condamné à deux ans de travaux publics et il devrait être prestement expédié en Algérie au bagne d’Orléansville. Pour gagner cette guerre et bouter l’Alboche hors de France, elle a besoin de combattants, je me méfie quand même de certains officiers pour qui il suffirait de faire quelques exemples pour bien souder la troupe. Des braves ont été mis à l’honneur, cités à l’ordre de l’Armée. Le soldat Limozin, blessé par cinq balles, dont deux à la tête, il a vu venir à lui un Allemand qui voulait le faire prisonnier, a retrouvé l’énergie pour prendre son arme, tuer son adversaire puis s’est replié en encourageant ses camarades. Le caporal Buisson, grièvement blessé à quelques mètres d’une tranchée allemande à l’issue d’une reconnaissance, il est resté toute une journée dans un repli de terrain où personne ne pouvait de jour venir le relever, il s’est fait oublier, s’est pansé lui- même et a donné à tous un bel exemple d’énergie et de force de caractère. Quant au sergent Michaud, gravement blessé et seul cadre survivant, il a pourtant commandé sa section dans une situation délicate pendant plus de deux heures et ne s’est retiré que sur ordre. Le tableau d’encadrement du régiment n’arrête pas de changer. Le chef de bataillon Georges rayé des contrôles et admis d’office à la retraite, Gaillard avait pris provisoirement le commandement du 2ème bataillon. Il paraît qu’il fulmine, le capitaine Denis a finalement été promu à ce poste qu’il considérait comme sien, il y croyait dur comme fer après sa citation louant son sang froid et sa belle conduite au feu. Adjoint au Colonel, il a pourtant bénéficié d’une belle promotion, mais c’est un coriace, préférant le commandement des hommes qu’envoyer des ordres de l’état major du régiment. Un bon chef, mais rancunier, Gaillard refuserait dorénavant de serrer la main à Denis.

Honoré

Mardi 24 novembre - Horace et Casadesus

Comment exprimer ma profonde affliction ? Des jeunes hommes partis dans la fleur de l’âge et leurs proches se raccrochant au fol espoir d’un rapide retour, le deuil qui frappe à tant de portes et la faucheuse n’épargnant même pas les hommes de l’art. Nous l’avons appris, je l’avais connu, il avait offert à ses amis une charmante fête le jour de ses trente ans. Loin d’ici près d’Arras, il a succombé à ses blessures, s’est-il remémoré une dernière fois les chaleureux applaudissements du Théâtre et de la Salle des Fêtes où il donna tant d’auditions ? Marcel Casadesus, violoncelliste virtuose du quatuor Capet, frère de Francis et d’Henri musiciens renommés, époux d’une cantatrice que nous eûmes le plaisir d’entendre avec la chorale de la Lyre ouvrière bressane.

S’en est également fini du peintre et aquafortiste Horace Fonville, sa barbe broussailleuse était bien trop blanche pour qu’il fût emporté par la guerre, le vénérable homme avait 82 ans. Sa vie laissera ici une trace aussi indélébile que son œuvre, il enseigna le dessin au lycée Lalande et à l'École normale de garçons, il tint à ce que son album de quarante planches « De-ci de-là dans Bourg-en-Bresse » reste à Bourg et figure au Musée Lorin. Il avait quitté en 1870 Paris pour nos paysages qu’il sut si bien représenter dans le Haut-Bugey à l’huile et au fusain, jusqu’à se retirer au début de ce siècle dans la villa des Bouleaux à Montagnat.

Des pages se tournent ou se consument, mais nous n’avons point le temps de l’apitoiement sur notre sort, au tour de l’inspecteur de l’Assistance publique d’appeler aux dons en faveur de ces infortunés mobilisés sans famille ni parent, personne pour leur adresser les effets appropriés à l’approche de l’hiver … Je crois que je vais regarder dans les affaires des garçons, ils auront tant grandi quand ils me reviendront.

Philomène

Vendredi 27 novembre - La vie suspendue à des kilos de plomb

Les frimas de novembre s’estompent, le froid se fait chaque jour un peu plus piquant, le temps semble valser entre deux saisons, j’ai hâte que l’hiver chasse l’épais brouillard matinal qui stagne sur la ville et vous enveloppe de son humide manteau. Même nos armées se résignent aux caprices du temps, les nouvelles n’évoquent plus de nouvelles offensives d’aucun des belligérants, la victoire est reportée au lendemain, juste répit des souffrances humaines. Au mieux apprend-on qu’un contingent d’Alsaciens-Lorrains a déserté au chant de la Marseillaise, que Messimy, ancien député de l’Ain et ministre de la guerre, a été fait Chevalier de la Légion d’Honneur, et que le Parlement a tenu sa session de rentrée afin de voter le prélèvement des impôts 1915 et les crédits nécessaires à la guerre. Elle déplace son centre de gravité, le ralliement des Turcs aux Allemands, le soutien des États-Unis à l’Angleterre dans sa volonté de contrôler la Mer du Nord ou encore l’offensive des Russes en Pologne. Même lointaine, elle nous est familière, tant elle meuble les conversations, suscite moults commentaires, à tel point qu’ils ne manquent parfois pas d’exagération. J’ai lu une extravagante démonstration, à savoir la moyenne des balles tirées par homme tué à Solferino et Gravelotte. Quarante à cinquante ans plus tard, l’auteur de cet article en déduit qu’il faut 82 kilos de plomb pour tuer un homme ! Il lui aura échappé que des armes nouvelles, canons et mitrailleuses, se sont imposées sur les champs de bataille. Quel est le poids d’un obus et combien de vie peut-il emporter ? Il lui faudra réviser ses calculs dont je ne cerne pas exactement la portée, mais je concevrai bien volontiers que notre professeur de mathématiques en fasse un de ses exercices bien dans l’air du temps. Pour l’heure, il est grandement satisfait que les jeunes Ajacques et Aymard aient été reçus à la session d’octobre du baccalauréat, tout le lycée exprime par ailleurs sa fierté suite à l’admission d’Henri Niogret à l’école des Hautes Études Commerciales de Paris. La vie continue, malgré tout.

Hippolyte

Lundi 30 novembre - De l’avis de funérailles au piqueur-voyer

Nouvelle séance du conseil municipal samedi dernier. Le Maire a salué la mémoire de nos concitoyens tombés au champ d’honneur et il a indiqué qu’une plaque noire sera désormais apposée à l’Hôtel de Ville pour informer la population des avis de funérailles pour les soldats décédés de leurs blessures dans nos hôpitaux. Il est vrai que nombre d’entre eux ne sont pas du pays, nous espérons ainsi que le dernier hommage ne leur sera plus rendu dans une indifférence coupable eu égard au sacrifice consenti pour la patrie.

En sa qualité de rapporteur de la commission des finances, M. Sangouard a donné lecture des comptes de gestion 1913 des budgets de la Ville, des Hospices, de l’internat du Lycée de jeunes filles et du Bureau de bienfaisance. Concernant les budgets additionnel 1914 et primitif 1915, les rapports ne présentent guère de nouveautés, à deux exceptions près, d’une part, on ne sait pas quand l’internat cessera d’être un hôpital auxiliaire pour rouvrir ses portes aux pensionnaires, d’autre part, une subvention extraordinaire de 5000 francs a été votée au bénéfice du Bureau de bienfaisance afin de se parer aux charges de l’hiver par de conséquentes provisions en combustible de charbon et de bois. Bonne nouvelle, les travaux de chaussée sont imminents devant la gare de tramways du pré de Challes, voilà qui va occuper les ouvriers de Bourg pendant l’arrière-saison. A ce titre, le Conseil Général vient de célébrer la réception officielle de la ligne Bourg-Montrevel. Elle sera en service dès demain, départ de Montrevel à 5h, arrivée 8h45 à notre gare centrale après avoir notamment desservi Foissiat, Marboz, Bény, Treffort et Jasseron, le tramway repartant en sens inverse au début de l’après-midi.

Quant à moi, le 7e escadron du Train continue à bien solliciter mon emploi du temps. Les réquisitions n’ont pas été sans récriminations chez les gens du commerce et les bâtiments communaux mis à disposition ne sont jamais au goût des militaires. Maintenant ce sont leurs chevaux qui occasionnent des dégâts, je n’ai rien moins que trois plaintes en cours de traitement, Mme Gacon pour son immeuble rue Gabriel Vicaire, M. Radix de l’hôtel de Bresse Faubourg de Mâcon et M. Creuset restaurateur de la place Grenette. Il ne reste plus qu’à dépêcher sur place le piqueur-voyer de la Ville en présence d’un officier du Train … et surtout s’armer d’une grande patience avec tous les protagonistes !

Stanislas

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